Vous visitez une réserve amérindienne ? Infos de base et FAQ.

Vous pensez peut-être qu'en allant à la rencontre des "'Indiens", vous serez accueillis par un peuple pacifique et noble qui possède toutes les réponses aux problèmes actuels du monde. Vous croyez peut-être que les "Indiens" ont une connexion innée à la nature et aux animaux, qu'ils sont accompagnés par leur "animal-totem" et qu'ils ont tous fait des quêtes de vision? Vous avez entendu dire que " tous les Indiens sont des chamanes" et que vous allez rencontrer le "chamane" ou le medicine -man qui va vous guérir et vous initier ?


Il vaut mieux vous dire tout de suite que tout cela, c'est un pur stéréotype et une image d'Epinal, bien entretenue d'ailleurs par les mythes et els représentations du développement personnel . La réalité, c'est que les réserves amérindiennes sont un monde à part entière. Il y a presque 340 000 personnes sur la réserve Navajo, avec des personnalités et des opinions extrêmement diverses. La communauté amérindienne d'Amérique du Nord est forte de plus de deux millions et demie de personnes. Et cette communauté amérindienne a vécu un grave traumatisme, un génocide aux niveaux physique, culturel et spirituel, qui s'est étalé sur plusieurs siècles. Ce traumatisme a laissé de profondes traces dans la psychologie de la plupart des Indiens. Au 21e siècle, les nations amérindiennes sont à la recherche de leur propre identité... et elles ne vous attendent pas pour que vous les aidiez. Aujourd'hui, les Indiens ont beaucoup d'autres choses à faire que "d'initier" ou d'enseigner des blancs. Les Européens sont généralement considérés comme des suprématistes blancs, des colonisateurs qui se sont appropriés par la force les terres des amérindiens, et qui continuent de le faire aujourd'hui en tentant de s'approprier les cultures , traditions, et spiritualités amérindiennes. Les Européens ne sont pas toujours les bienvenus dans une réserve indienne.

Mais si vous venez avec un authentique désir d'écouter et de comprendre, il y a peut-être un échange possible.


Est-ce que les réserves amérindiennes sont des endroits sûrs ? Est-ce que je suis en sécurité si je voyage seule ?

Lorsque l'on voyage, spécialement dans une culture éloignée, et loin de chez soi, il faut réfléchir à la la sécurité.

Dans l'ensemble, vous êtes en sécurité dans une réserve. Cependant, les problèmes liés à l'alcool, aux drogues chez les jeunes générations, et parfois à une certaine hostilité contre les blancs, fait que il y a des précautions à prendre, et qu'il vaut mieux ne pas visiter certains endroits en étant tout seul. Dans les années 70, le gouvernement américain a essayé d'intégrer les amérindiens avec une politique de déplacement des populations. Des villages entiers Navajo ont été déplacés de force dans les banlieues de grandes villes comme Los Angeles. Les conséquences ont été désastreuses : ces communautés ont été victimes de la drogue, et des gangs se sont constitués. Ensuite, ces gangs sont revenus sur les réserves, pour faire du trafic de drogue, par exemple le Meth, une drogue qui rend très agressif. Il y a beaucoup de ces gangs sur la réserve Navajo. C'est pour cela que nous ne conseillons pas de voyager seul sur une réserve, et que nous préférons établir des partenariats pour cela.


Quelle langue est-ce que l'on parle sur les réserves ? Est-ce que il est attendu que je parle la langue Navajo ou autre ?

Aujourd'hui, il n'y a plus que quelques communauté amérindienne qui ont gardé leur langue vivante, comme par exemple la communauté Navajo, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes qui parlent couramment le Diné Bizaad, la langue Navajo. Sur la réserve Navajo, il y a encore quelques personnes âgées qui ne parlent que le Diné Bizaad, mais l'immense majorité des gens parlent anglais. Tous les jeunes maitrisent parfaitement la langue anglaise.


Dans l'ensemble, les langues amérindiennes ont tendance à disparaître. C'est un très grand problème, car les langues amérindiennes ont des mots pour des concepts sans équivalent dans la langue anglaise ou française. Par exemple le mot Hózhǫ́, que l'on traduit du Navajo comme "beauté", a un sens beaucoup plus large. En disant Hózhǫ́ náhásdįį' ( la beauté est revenue), les mots qui terminent de nombreuses prières, le sens dépasse beaucoup la traduction littérale. Lorsque vous visitez la réserve Navajo, c'est une bonne idée de connaître les mots de base, et peut-être d'apprendre quelques phrases. Voilà un site où vous pourrez le faire: https://navajowotd.com/


Vous serez peut-être intéressé de savoir que la plupart des langues amérindiennes n'ont pas de mots pour dire 'au revoir'. Par exemple, en langue Navajo, le terme le plus approchant est, 'hagoonee', ce qui veut dire 'alors ça continue'....



Est-ce que on pourrait assister à une cérémonie quand on sera sur la réserve ?

Non, nous n'organisons pas de cérémonies et nous ne proposons pas d'y assister.

Pourquoi pas ? Essayons de vous l'expliquer.


Nous savons bien que, pour beaucoup d'Européens, le but d'un voyage chez les "indiens", c'est de participer à des cérémonies. C'est bien compréhensible que vous soyez très curieux des cérémonies amérindiennes et de leurs rituels, surtout que beaucoup de ces cérémonies, comme les huttes de sudation, les quêtes de vision ou les voyages chamaniques au tambour, ont été popularisées par des films, des livres, et d'innombrables stages.


La réalité , c'est que les cérémonies sont données à certains peuples pour des buts particuliers - et ne sont pas des activités pour les touristes. Si on vous dit le contraire, méfiance!

Rappelez-vous que, dans la culture chrétienne - et que vous soyez catholique pratiquant ou pas - il est écrit noir sur blanc que la cérémonie du pain et du vin a été donnée "en mémoire de Jésus-Christ". C'est même ce qui est dit pendant une messe. Donc, cette cérémonie a été donnée aux chrétiens. Et d'autres cérémonies ont été données aux peuples amérindiens, par exemple les rituels de Femme Bison Blanche aux Lakota, ou les rituels de Femmes Changeante aux Navajos. Pour établir un parallèle, pensez-vous qu'un touriste qui visite le Vatican pourrait demander à être nommé cardinal pendant la durée de son séjour, et qu'il pourrait demander à célébrer des messes dans la Chapelle Sixtine ?


Un des plus grands problèmes des cultures amérindiennes aujourd'hui, c'est le business qui est organisé autour des cérémonies, ainsi que l'appropriation culturelle absolument omniprésente. En plus, souvent, le but n'est pas de partager une foi, une philosophie ou une vision du monde. le but est, le plus souvent, de gagner de l'argent facilement ou de se faire un nom...en "empruntant" des rituels amérindiens qui, en fait, n'appartiennent pas aux Européens.


Nous demandons toujours à nos partenaires ce qu'il est possible de montrer et d'expliquer, et il y a certainement des éléments de la philosophie Navajo que l'on peut expliquer...mais, encore une fois, nous n'organisons pas de cérémonie amérindienne.

Il y a des groupes de personnes, dans certaines nations amérindiennes, qui ont la tâche difficile de faire la police, d'empêcher les fausses cérémonies, et de gérer toutes les tentatives d'appropriation culturelle. Ce n'est pas une tâche facile, parce que certaines de ces initiatives sont de bonne foi. Regardez pas exemple la page Wikipedia de l'activiste Jacqueline Keeler, une journaliste qui s'attaquent aux blancs américains qui essaient de se faire passer pour des Indiens. Ecoutez ses podcast, lisez ses articles, et posez-vous la question si vous avez envie d'être le sujet de l'une de ses interviews. https://en.wikipedia.org/wiki/Jacqueline_Keeler


Pour notre part, avec l'association Cheval Communication, permettez-nous de dire une fois encore que nous n'organisons pas de cérémonies, pas de peinture de sable, pas de cérémonie du peyotl, pas de quête de vision, et pas de danse du soleil, dans le cadre des échanges avec les cultures amérindiennes que nous mettons en place.

Notre adresse

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43, rue Ch. de Gaulle

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