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Hozhóóji naat’ á - Le processus de paix dans la nation Navajo

Mis à jour : mars 25

Hozhóóji naat’ á - Le processus de paix dans la nation Navajo

[1]


De même qu’il est fait traditionnellement recours à des cérémonies, il existe dans la culture amérindienne Navajo un processus traditionnel de résolution de conflit, pratiqué aujourd’hui encore, et que nous souhaitons décrire, car l’association s’en inspire largement pour créer des conditions positives d’échanges interculturels.


Voici ce que Mark Sorensen, fondateur de l’école bi-culturelle STAR School qui participe aux échanges avec Cheval Communication, et participant au projet pilote Rough Rock dit à propos du processus de Peacemaking:

« Le processus traditionnel de restauration de la paix est un système de résolution des conflits que les Navajos utilisaient longtemps avant d’être entrés en contact avec les Européens. Il est bâti sur K'e, [le sens de la communauté et du clan] et l'idée fondamentale est de restaurer les relations et l'harmonie plutôt que d'utiliser la culpabilité et la punition. Même si la justice et la guérison par ce processus de paix est étranger à la culture américaine dominante et à la nature conflictuelle des tribunaux américains, la tribu a, depuis les années 1980, fait de ce processus de paix une partie intégrante des tribunaux tribaux. Le plus étonnant pour moi fut que je puisse apprendre comment le concept même qui m'avait amené dans ma famille tribale était aussi utilisé pour faire la paix dans la communauté. »


Cela comporte notamment les sept étapes du processus de Peacemaking traditionnel , Hozhóóji naat’ á , développé par Thomas Walker pour la STAR School près de Flagstaff[3] :


Étape 1 – Une demande est faite pour de l'aide spirituelle. On considère souvent que cela consiste en l’offrande d’une prière pour souhaiter que l’issue soit la meilleure possible pour tous, mais du point de vue Navajo, elle peut être aussi vue comme le fait de se mettre en phase avec Hózhǫ́, l'état d'harmonie et de beauté. Ainsi, on ne considère pas qu’elle soit issue d'une religion particulière, mais qu’elle se trouve dans l’affirmation la plus fidèle et précise du meilleur de ce que nous sommes, en tant qu'êtres humains.


Étape 2 – Toutes les personnes présentes (et cela peut inclure des parents et d’autres personnes concernées) identifient les liens et les connexions qui les relient les uns aux autres. Pour les Navajo, cela inclut de se présenter traditionnellement avec l'identification de son clan et l'établissement de liens avec les clans des autres.


Étape 3 – Le pacificateur décrit les règles de comportement dans la session : une personne parle à la fois, et les membres de l’association s'abstiennent de critiques personnelles et se concentrent sur leurs propres sentiments, plutôt que de juger l'autre personne.


Étape 4 – Les membres de l’association décrivent le problème qui a créé le conflit. Il est fréquent que le pacificateur demande à la personne qui se sent la plus gravement lésée de commencer.


Étape 5 – Le pacificateur guide la discussion afin d’identifier les domaines où tout le monde est d’accord, comme le désir de chacun d'être traité avec respect.


Étape 6 – Chaque groupe se met d’accord pour faire le nécessaire afin de restaurer la relation. Les actions auxquelles chacun s’engage sont écrites et répétées, afin que tous les membres de l’association puissent les accepter. A cette étape, des excuses sincères sont souvent échangées.


Étape 7 – Une déclaration de gratitude et de reconnaissance est faite pour la restauration des relations et pour continuer à avancer vers Siihasin, [espoir en langue Navajo].

Ce processus est mis en œuvre par tous les membres de l’association Cheval Communication dans le cadre de cette charte éthique, en cas de l'apparition de conflits entre deux ou plusieurs membres de l’association.

[1] D’après les textes de Mark Sorensen, STAR SCHOOL, et Nausicaa Zaballos


[2] D’après Nausicaa Zaballos https://www.laroutedenausica.fr/


[3] Voir notamment https://upliftconnect.com/peacemaking-the-navajo-way/


Le Rough Rock College et la STAR School

A la fin des années 1960, la lutte pour l’autodétermination éducative rejoint le combat pour la transmission des savoirs rituels. Cette période marque le début d’une effervescence intellectuelle qui, s’inspirant des idées véhiculées par les mouvements de revendication des droits par les minorités dans le reste du pays, comme le mouvement American Indian Movement, (AIM), va révolutionner l’enseignement navajo.


Plusieurs communautés dont - la plus célèbre - Rough Rock, ouvrent leurs propres écoles et collèges, libérés de la tutelle administrative du Bureau of Indian Affairs et proposent un enseignement qui célèbre la beauté des savoirs traditionnels.

Le président de Rough Rock, Robert Roessel (l’époux de la femme-médecine Ruth Roessel) crée le premier programme d’apprentissage pour homme-médecine. Il collabore sur ce projet avec Mark Sorensen, entre autres.


Les Hataałi et les étudiants personne-médecine reçoivent une bourse qui leur permet de concilier leur activité salariale avec les obligations imposées par le programme. Pour protéger la culture navajo, il faut d’abord préserver le langage et si possible, développer l’apprentissage du navajo écrit par les plus petits. En effet, transmettre aux plus jeunes, à l’aide d’un alphabet, une version écrite du navajo, langue orale, permettra de préserver les traditions rituelles. En effet, l’apprentissage du navajo assurera la pérennité des Hataałi. Ceux qui seront en mesure de comprendre les chants et les histoires sacrées transmises en navajo pourront peut-être à leur tour embrasser le métier de Hataałi.


Mais, pour assurer la continuité de la transmission des savoirs sacrés, l’équipe éducative de Rough Rock décide de moderniser les enseignements traditionnels. Il faut s’adapter au changement de mode de vie des Navajos. Ces derniers n’ont plus loisir d’étudier les chants et les cérémonies et d’assurer la subsistance de leurs familles en vivant de l’agriculture et de l’élevage des moutons comme le faisaient autrefois les Hataałi.

Ils sont contraints d’accepter un travail salarié. Par conséquent, le premier programme de formation pour Hataałi prévoit une rémunération et un échelonnement des enseignements qui permet aux futurs hommes médecine de conserver leur emploi salarié. [2].